Comparatif

Téléassistance ou application familiale ?

Les deux répondent à la même inquiétude — « et s'il lui arrivait quelque chose, seul chez lui ? » — mais pas de la même façon, ni au même prix. Voici ce qui les sépare réellement, y compris quand la téléassistance est le meilleur choix.

Dans ce guide

Ce que fait une téléassistance classique

Vous louez un boîtier relié à la ligne téléphonique, plus un médaillon ou un bracelet que votre proche porte en permanence. En cas de besoin, il appuie : un opérateur humain décroche depuis un centre d'appel ouvert 24 heures sur 24. Cet opérateur parle à la personne, évalue la situation, et prévient qui il faut — la famille, un voisin listé, ou les secours.

C'est un vrai service, avec des humains payés pour être là la nuit. En France, comptez généralement entre 25 et 40 € par mois, parfois avec des frais d'installation, et une part souvent prise en charge par l'APA ou un crédit d'impôt selon les situations.

Ce que fait une application familiale

Il n'y a ni boîtier, ni médaillon, ni centre d'appel. L'application s'installe sur le téléphone que votre proche possède déjà. Quand il appuie sur le bouton d'aide, ce sont les membres de sa famille qui sont prévenus, tous en même temps, sur leurs propres téléphones, avec la position relevée à ce moment-là.

Personne ne décroche à sa place. C'est la différence fondamentale, et il faut l'avoir en tête avant de choisir : si personne dans le cercle n'est disponible, personne ne répondra.

Les différences qui comptent vraiment

Qui répond

Téléassistance : un professionnel, immédiatement, y compris à 3 heures du matin. Application familiale : vos frères et sœurs, vous, un voisin ajouté au cercle — selon qui est réveillé et disponible.

Ce qu'il faut porter

C'est souvent là que tout se joue. Le médaillon de téléassistance ne sert que s'il est porté, y compris sous la douche et la nuit — les deux moments où l'on en a le plus besoin. Beaucoup de personnes âgées le rangent dans un tiroir, parce qu'il se voit et qu'il signale une fragilité.

L'application, elle, vit dans le téléphone. Ni plus ni moins visible que le téléphone lui-même. Mais elle ne sert que si le téléphone est à portée de main.

Le coût sur une année

Les offres constatées en juillet 2026 se situent entre 25 et 45 € par mois selon l'opérateur et les options — environ 28 à 38 € chez Présence Verte, 28 à 35 € chez Filien ADMR, à partir de 25,90 € chez Europ Assistance.

Mais il faut compter le crédit d'impôt, qui couvre 50 % des sommes versées au titre des services à la personne. Une téléassistance à 30 € par mois revient donc à environ 15 € net, soit 180 € sur l'année. Selon les situations, l'APA ou une caisse de retraite peuvent encore réduire ce montant. Un comparatif qui oublie cette moitié fausse la comparaison.

Une application familiale se situe autour de 40 € par an pour tout le cercle, sans crédit d'impôt puisqu'il ne s'agit pas d'un service à la personne. L'écart reste réel — environ 180 € contre 40 € — mais il est quatre fois plus faible que ce que laissent croire les prix affichés. Et il s'explique : dans un cas vous payez des gens qui veillent la nuit, dans l'autre un outil qui vous relie.

Un point à vérifier dans les conditions, quel que soit le fournisseur : ce qui se passe quand vous arrêtez de payer. Chez nous, le bouton d'appel à l'aide reste actif même après l'expiration de l'abonnement — on ne coupe pas un appel au secours pour un prélèvement qui n'est pas passé. Ce n'est pas la règle partout.

Ce que ça dit à votre proche

Un boîtier de téléassistance installé dans le salon est un objet médical. Il dit « tu n'es plus autonome ». C'est un message difficile à recevoir, et c'est le motif de refus le plus fréquent — nous en avons fait une page entière.

Une application sur son téléphone dit autre chose : « on garde le lien ». Elle sert aussi les jours où il ne se passe rien, à envoyer des photos ou à cocher ses médicaments. Ce n'est pas un détail cosmétique : un outil qu'on ouvre tous les jours est un outil qu'on saura utiliser le jour où ça compte.

Choisissez la téléassistance si…

Choisissez une application familiale si…

Et les deux ensemble ?

C'est possible, et ce n'est pas absurde. La téléassistance couvre le cas où personne dans la famille n'est joignable ; l'application couvre le quotidien et donne à la fratrie une information partagée. Elles ne se gênent pas.

Ce que ni l'une ni l'autre ne fait

Les deux dispositifs supposent la même chose : que votre proche soit en état d'appuyer. Un malaise qui fait perdre connaissance, une chute qui assomme — et ni le médaillon ni l'application ne servent, l'un comme l'autre attendant un geste qui ne viendra pas. C'est leur limite commune, et elle est rarement écrite noir sur blanc.

C'est la seule vraie justification de la détection automatique de chute, proposée en option par de nombreux opérateurs de téléassistance : un capteur décide à la place de la personne. Elle a ses défauts, les fausses alertes en premier — un appareil qui se déclenche pour rien finit dans un tiroir, exactement comme le médaillon. Mais c'est la seule réponse quand la personne ne peut plus appeler elle-même.

Ange Gardien ne fait pas de détection de chute et ne prétend pas la faire. Si c'est ce risque précis qui vous inquiète, une application familiale n'est pas la bonne réponse — et aucune formule commerciale ne devrait vous laisser croire l'inverse.

Une chose à vérifier, quel que soit votre choix

Que l'alerte arrive vraiment. C'est le point aveugle de toutes les solutions qui passent par un téléphone, et il est plus retors qu'il n'y paraît : une alerte peut être techniquement délivrée et rester invisible.

Nous l'avons découvert en testant notre propre application sur un iPhone réglé en « Ne pas déranger ». Le serveur confirmait l'envoi, le téléphone confirmait la réception, et rien ne s'affichait à l'écran. La cause n'était pas dans l'application : iOS laisse chaque mode de concentration filtrer les notifications urgentes application par application, dans un réglage que l'application ne peut pas lire — donc dont elle est incapable de vous avertir. Une fois ce réglage activé, l'alerte est passée, sonnerie comprise, téléphone en silencieux.

Deux leçons, valables quelle que soit la solution que vous retiendrez. La première : un test réussi en pleine journée ne prouve rien, il faut essayer dans les conditions réelles — la nuit, téléphone en mode nuit. La seconde : ce réglage est à refaire pour chaque mode de concentration, et sur le téléphone de chaque personne du cercle. Nous détaillons ce qu'il faut régler après l'achat, et le centre d'aide reprend la procédure pour iPhone et Android.

Guide intégré « Recevoir les alertes » : autoriser les notifications, puis laisser passer les urgences dans chaque mode de concentration.
Le guide intégré — l'application nomme elle-même le réglage qu'elle ne peut pas voir

C'est pour cette raison que l'application embarque un écran « Vérifier mes alertes » : il contrôle les autorisations qu'une application a le droit de lire, et signale explicitement celle qu'elle ne voit pas. Il n'affiche jamais un « tout va bien » rassurant, parce que le cas que nous avons vécu était précisément celui où tout paraissait vert et où l'alerte ne passait pas.

Une troisième option revient souvent dans les discussions familiales, avec ses limites propres : installer une caméra chez un parent âgé.

Ange Gardien, en deux phrases

Un bouton d'appel à l'aide sur le téléphone de votre proche : quand il appuie, tout le cercle familial est prévenu en même temps, avec sa position. Le reste du temps, l'application sert au quotidien — médicaments à cocher, rendez-vous, messages, photos.

3,99 € par mois pour six personnes, 14 jours d'essai. Voir comment ça marche.

Ange Gardien n'est pas un service de secours et ne remplace pas les numéros d'urgence. Aucun opérateur ne traite les alertes : seuls les membres de votre cercle familial les reçoivent. En cas d'urgence, appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 144 depuis la Suisse).