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Les numéros d'urgence pour un parent âgé
Pas trente numéros à retenir par cœur : une dizaine, chacun avec un rôle précis, à noter une bonne fois pour toutes plutôt qu'à chercher affolé le jour où on en a besoin. Voici ce que fait chacun, quand le composer, et où le ranger pour de bon.
Dans ce guide
15, 17, 18 : lequel appeler ?
Les trois numéros historiques restent les bons réflexes, chacun sur son terrain. Le 15 joint le SAMU, pour tout ce qui touche à la santé : malaise, chute avec blessure, douleur dans la poitrine, difficulté à respirer, confusion soudaine. Le 17 joint la police ou la gendarmerie, pour une agression, un cambriolage en cours, une personne disparue. Le 18 joint les pompiers, pour un incendie, mais aussi — c'est moins su — pour un secours à personne quand ils sont l'équipe la plus proche.
En pratique, l'hésitation entre le 15 et le 18 ne doit jamais retarder l'appel : les deux régulations se transmettent les appels entre elles. Le seul vrai impératif est de décrire clairement l'état de la personne et l'adresse exacte, étage compris.
Le 112 : le même numéro partout en Europe
Le 112 aboutit à la même régulation que le 15, le 17 ou le 18 selon le contexte de l'appel, mais avec un avantage que peu de familles connaissent : il fonctionne depuis un mobile même sans réseau de l'opérateur habituel, en basculant automatiquement sur n'importe quel autre réseau disponible, et même sans carte SIM insérée. C'est le numéro à composer si votre parent voyage, séjourne hors de son département, ou si son téléphone a un problème de forfait — et le seul identique dans toute l'Union européenne, utile si un enfant vit à l'étranger et doit guider quelqu'un sur place au téléphone.
Le 114, pour les personnes sourdes, malentendantes ou aphasiques
Si votre parent entend mal ou a des difficultés à s'exprimer au téléphone, le 114 est fait pour ça : joignable par SMS, chat, fax ou visiophonie en langue des signes, il relaie ensuite l'urgence au SAMU, à la police ou aux pompiers. L'application « Urgence 114 », gratuite sur iPhone et Android, permet de l'envoyer sans même avoir à composer un numéro — à installer pendant que tout va bien plutôt que d'en découvrir l'existence en pleine urgence.
Un doute de maltraitance : le 3133
Ce numéro a changé récemment, et c'est le genre de détail qui périme vite une liste imprimée : depuis le 1er mars 2026, le 3133 a remplacé le 3977 comme numéro national d'écoute contre les maltraitances envers les personnes âgées et les adultes vulnérables. Gratuit, ouvert 7 jours sur 7 de 9 heures à 20 heures, il permet à un témoin ou à la victime elle-même de signaler une situation — maltraitance financière, négligence, violence — en confidentialité, avec la possibilité de rester anonyme. Composer encore le 3977 redirige automatiquement vers le nouveau numéro le temps de la transition, mais autant enregistrer directement le bon.
Ce n'est pas un numéro d'urgence vitale : en cas de danger immédiat, c'est le 15, le 17 ou le 18 qu'il faut composer. Le 3133 sert quand le doute s'installe sur la durée — un aide à domicile qui change de comportement, un compte bancaire qui se vide sans explication, des bleus qu'on justifie mal — et qu'il faut un avis extérieur pour savoir comment agir.
Trouver une pharmacie ouverte la nuit ou le dimanche : le 3237
Un traitement qui manque un dimanche soir n'est pas une urgence vitale, mais c'en est une pour la personne qui doit le prendre. Le 3237 (0,35 € la minute) redirige automatiquement vers le service de garde du département et indique l'adresse de la pharmacie ouverte la plus proche. Le site 3237.fr donne la même information gratuitement, à consulter depuis le téléphone d'un enfant si le parent n'a pas internet à portée de main.
Une intoxication ou un mélange de médicaments
Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas de numéro national unique pour les centres antipoison en France : chacun couvre une zone géographique avec son propre numéro à dix chiffres. Le réflexe le plus fiable est d'appeler le 15, qui redirige vers le bon centre en cas de besoin — et, pour aller plus vite le jour où ça compte, de chercher une fois pour toutes le numéro qui couvre le département de votre parent sur le site de l'Association des centres antipoison et de toxicovigilance, puis de l'ajouter à la liste que vous préparez.
SOS Médecins, pour un avis sans passer par les urgences
Une fièvre qui inquiète un samedi soir, une chute sans gravité apparente mais qui laisse un doute : ce n'est pas toujours le 15 qu'il faut composer. SOS Médecins envoie un médecin en visite à domicile, de jour comme de nuit selon les villes, et évite souvent un passage aux urgences pour un motif qui n'en avait pas besoin. Le numéro varie selon la ville de résidence — il n'y a pas non plus de numéro national unique — et se cherche en une recherche « SOS Médecins » suivie du nom de la commune, ou en appelant le 15 qui sait s'il existe une antenne à proximité.
Comment les rendre vraiment utiles
Un numéro juste noté ne sert à rien si personne ne pense à le chercher au bon moment. Deux réglages simples changent tout, et se font une fois pour toutes :
- Les enregistrer en contacts nommés clairement sur le téléphone de votre parent — « Pharmacie de garde », pas juste un numéro à dix chiffres qu'il faudra deviner.
- Configurer la fiche médicale d'urgence du téléphone : l'identifiant médical sur iPhone, les informations d'urgence sur Android. Consultables depuis l'écran verrouillé, sans code, ils affichent en quelques secondes les traitements en cours, les allergies et un contact à prévenir — exactement ce que demandent en premier les secours arrivés sur place. Nos pages détaillent la marche à suivre pour un iPhone comme pour un Android.
Où les noter, pour qu'on les retrouve le jour où on en a besoin
Le téléphone de votre parent peut tomber en panne, rester introuvable, ou être celui qui a besoin d'aide. Une copie papier, affichée près du téléphone fixe ou glissée dans le tiroir de l'entrée, et une copie numérique partagée avec le reste de la fratrie évitent que tout repose sur un seul appareil. C'est exactement le principe que nous détaillons dans notre page sur les papiers à réunir avant l'urgence : ce qui se prépare à froid économise des minutes précieuses le jour où le sang-froid manque.
Le seul test qui prouve vraiment quelque chose
Une liste de numéros qu'on n'a jamais utilisée reste théorique. De la même façon que nous conseillons de tester un dispositif d'alerte avant d'en avoir vraiment besoin — nous détaillons comment dans notre page sur l'organisation à distance — il vaut la peine de vérifier, une fois, que votre parent sait retrouver ces numéros sans hésiter : demandez-lui simplement, un jour tranquille, comment il ferait pour joindre une pharmacie de garde un dimanche. La réponse en dit souvent plus long qu'un test technique.
Ces numéros couvrent l'appel aux secours et aux services publics. Ils ne remplacent pas la question de savoir comment prévenir la famille quand quelque chose ne va pas sans être grave au sens des secours — c'est un besoin différent, et notre page sur les différences entre téléassistance et application familiale explique dans quel cas l'un ou l'autre répond mieux à cette question-là.
Ange Gardien, en deux phrases
Un bouton d'appel à l'aide sur le téléphone de votre proche : quand il appuie, tout le cercle familial est prévenu en même temps, avec sa position. Le reste du temps, l'application sert au quotidien — médicaments à cocher, rendez-vous, messages, photos.
3,99 € par mois pour six personnes, 14 jours d'essai. Voir comment ça marche.
Ange Gardien n'est pas un service de secours et ne remplace pas les numéros d'urgence. Aucun opérateur ne traite les alertes : seuls les membres de votre cercle familial les reçoivent. En cas d'urgence, appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 144 depuis la Suisse).