Prévention
Quand c'est l'aidant qui tombe malade
La vie d'aidant concentre beaucoup de stress et de fatigue. Il arrive que l'aidant lui-même soit soudain hospitalisé ou incapable de continuer. Et si c'est vous qui devenez malade ou qui manquez un jour crucial, qui assure la continuité auprès de votre proche ?
Construire un plan B avant le besoin
Un accident, une hospitalisation, une grippe, une dépression d'épuisement : il n'y a rien à prévoir de grave, mais un plan B permet de respirer en temps de crise.
Commencez par lister au moins deux autres personnes — un frère ou une sœur, un ami proche, un voisin de confiance — qui pourraient assurer le relais. Vérifiez que chacun accepte ce rôle et comprend à quel point vous avez besoin de lui ou d'elle. Ne les mettez pas devant le fait accompli : expliquez que vous préparez juste une documentation au cas où, et que c'est un grand cadeau pour vous.
La fiche de relais : votre assurance
Créez un document simple — papier ou partagé via une application — qui décrit précisément ce qu'il faut faire au quotidien. Cette fiche doit contenir :
- La santé du proche : traitements, dosages, horaires exacts, allergies, médecin traitant, urgences à repérer (fièvre, refus de manger, confusion).
- Le rythme quotidien : quand se lever, prendre les repas, prendre les médicaments, activités habituelles, rituels qui rassurent.
- L'administratif : numéro de téléphone de la caisse de retraite, de l'assurance, du centre d'aide à domicile, des services municipaux.
- Les codes et accès : code de la porte, où se trouvent les clés, mots de passe des services en ligne si vous les partagez.
- Les contacts clés : médecin, infirmière, aide à domicile, autres membres de la famille, voisins, amis du proche.
- Les petits détails qui comptent : où vit le chat, comment enlever la sécurité d'enfant de l'armoire à pharmacie, marque préférée de jus de fruit.
Cette fiche, c'est aussi une excellente occasion de prendre du recul sur votre routine. Vous découvrirez peut-être que vous seul saviez dix choses que personne d'autre ne pourrait assumer rapidement. C'est là que le relais commence.
Informer clairement plusieurs personnes
Ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Que se passe-t-il si la personne 1 (à qui vous aviez confié la fiche) s'oppose au rôle, part en vacances ou ne répond pas au téléphone d'urgence ?
Partagez votre plan avec au moins une ou deux autres personnes, sans forcément leur donner tous les accès. L'objectif est de lancer l'alerte rapidement. Un exemple simple :
- Personne 1 : la fiche complète et les clés du logement. C'est elle qui assure le relais au quotidien.
- Personne 2 : reçoit la fiche en copie. Elle sait ce qui se passe et peut seconder ou signaler un problème.
- Personne 3 : a le numéro d'urgence de Personne 1, pour qu'on la contacte en cas de doute.
Formaliser par écrit ou par l'application
Il existe plusieurs moyens de partager cette documentation :
- Un dossier papier rangé visiblement à la maison, avec une copie chez la Personne 1.
- Un document partagé (Google Drive, OneDrive, Notes) que chaque relais peut consulter 24h/24.
- Une application partagée comme Ange Gardien, où la fiche de santé, les rendez-vous, et les contacts sont centralisés et mis à jour en temps réel. L'application enregistre aussi qui a fait quoi et quand — indispensable si plusieurs personnes se relaient.
Anticiper les cas particuliers
Selon votre situation, pensez aussi à :
- Votre propre santé : informez votre médecin que vous êtes aidant et que vous devez rester en bonne santé. Allez aux visites de suivi, vaccinez-vous, reposez-vous.
- L'épuisement : si vous sentez que le poids devient trop lourd, proposez à votre proche des congés avec relais (une semaine chez un autre member de la famille, ou une solution de vacances d'aidant). C'est aussi un test pour vérifier que le plan B fonctionne.
- La distance : si vous êtes aidant à distance, le plan B doit être encore plus robuste, avec des personnes sur place.
- Les aides publiques : certains relais ou congés d'aidant peuvent bénéficier d'une prise en charge. Renseignez-vous auprès du CCAS de votre commune ou du conseil départemental.
Testez le plan avant d'en avoir besoin
Une journée par trimestre, demandez à votre relais de venir et de gérer toute la journée selon la fiche : médicaments, repas, appels à passer. Vous restez en retrait, vous observez. Qu'est-ce qui manque dans la fiche ? Qui ne savait pas où était quoi ? Quels appels il a dû faire ? Mettez à jour ensemble.
C'est aussi un moment précieux pour votre proche : il ou elle apprend à connaître le relais, voit que vous prenez soin de l'avenir ensemble. Et pour vous, c'est un repos reconnu : vous n'êtes pas obligé d'être disponible ce jour-là.
Accepter que vous ne pouviez pas faire ça seul
L'une des plus grandes peurs de l'aidant est celle-ci : « Si je disparais, mon proche souffrira. » C'est vrai. Mais la solution n'est pas de tout contenir seul, c'est de construire un réseau. Un plan B ne diminue rien de votre amour, il le fait durer.
Prendre du temps pour documenter, pour former d'autres aidants, c'est aussi reconnaître que vous n'êtes pas inépuisable. L'épuisement d'aidant est une réalité, et le prévenir c'est protéger votre proche aussi.
Ange Gardien, en deux phrases
Un bouton d'appel à l'aide sur le téléphone de votre proche : quand il appuie, tout le cercle familial est prévenu en même temps, avec sa position. Le reste du temps, l'application sert au quotidien — médicaments à cocher, rendez-vous, messages, photos.
3,99 € par mois pour six personnes, 14 jours d'essai. Voir comment ça marche.
Ange Gardien n'est pas un service de secours et ne remplace pas les numéros d'urgence. Aucun opérateur ne traite les alertes : seuls les membres de votre cercle familial les reçoivent. En cas d'urgence, appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 144 depuis la Suisse).